Quartier Métisseur, tiers lieu de brassage culturel

Catégorie : Road Trip
"Le Quartier Métisseur, un tiers lieu culturel et artisanal en plein Beaujolais Vert"
Rédigé par : Vincent
Temps de lecture : 4 min

Après une nuit calme passée au château de MagnyÉthique (Lire article : MagnyÉthique : l’écolieu des papillons), nous repartons en direction de Lamure-sur-Azergues (69). Les routes sont sinueuses et le paysage est toujours vallonné pour rejoindre le Quartier Métisseur. La végétation dense nous rappelle que nous sommes en plein cœur du Beaujolais vert.

Arrivée à Lamure-sur-Azergues

L’activité agricole reste prédominante dans la vallée de la Haute Azergues. Mais la force motrice de l’eau était utilisée par les moulins des petites industries locales. Nous nous garons tout proche de la rivière, sur un parking en contrebas de l’office du tourisme. De retour sur l’artère principale, nous passons devant une boutique à l’abandon qui nous amène sur une petite cour carrée.

Nous venions de passer devant le Quartier Métisseur sans vraiment l’apercevoir ! Il se trouve pourtant en bordure de route, juste en sortie du village. Il occupe un tènement immobilier de 600 m2 qui servait autrefois aux activités d’une ancienne menuiserie. Nous entrons par le rez-de-chaussée de la maison de ville qui borde la route.

À l'entrée de la maison de ville du quartier métisseur
À l’entrée de la maison de ville

Le projet associatif du tiers lieu Quartier Métisseur

C’est un couple de retraités agricoles, propriétaires des lieux, qui a insufflé l’idée originelle du Quartier Métisseur. Il fallait faire de ces bâtiments à l’abandon un lieu de vie ouvert, fondé sur l’échange et le partage. À force de rencontres, un petit groupe de personnes s’est finalement réuni en 2016 pour imaginer les bases du projet associatif. Sans vraiment savoir où aller, ils ont pourtant un objectif en ligne de mire : apporter la culture sous toutes ses formes en milieu rural.

Aujourd’hui, le Quartier Métisseur bénéficie d’une programmation culturelle riche, variée et surtout indépendante. Comment ? En restant maître de son budget, et en évitant au maximum les subventions de fonctionnement. Pour y parvenir, il a fallu intégrer à la structure associative une activité économique rentable : la brasserie Valdaz. Le débit de boisson permet alors de générer suffisamment de revenus pour financer la majorité des événements. Mais ce n’est pas tout. Le projet s’inscrit dans une démarche globale de promotion de l’artisanat et de soutien à l’économie local, comme le souligne son manifeste :

“Promouvoir les ressources et les savoir-faire locaux, accueillir des initiatives pour favoriser les échanges entres les habitants, les artisans, les entrepreneurs, les artistes de la Vallée d’Azergues.”

Guillemette et Philippe, deux bénévoles de l’association, s’assoient dans la pièce défraîchie mais pleine de charme pour se préparer à l’interview.

Interview de Guillemette et Philippe

Philippe est un ancien chef d’entreprise du secteur de l’imprimerie à la retraite. Évoluant professionnellement du côté de Villeurbanne (69), il apprécie le calme de la campagne et ses sorties à la pêche ou aux champignons. Cet amoureux de la vie plein d’énergie  apporte toute son expérience au projet en tant que trésorier. Pour lui, le Quartier Métisseur fonctionne comme une entreprise, mais avec une approche associative. Il décrit son fonctionnement comme une sorte de mayonnaise, permettant à des gens qui ne se connaissent pas d’imaginer des choses ensemble.

“J’ai jamais rien vécu de semblable, pourtant j’ai vécu un peu déjà”

Guillemette et Philippe, deux bénévoles du quartier métisseur
Guillemette et Philippe, deux bénévoles du Quartier Métisseur

Guillemette arrive tout droit d’Île de France. Elle est née à Paris, a grandi à Paris et s’est pourtant installée dans le Beaujolais, sans aucune attache. Cette néo-rurale à ouvert l’espace de coworking dans le bâtiment juste en face. C’est par hasard qu’elle a fait connaissance des propriétaires des lieux, elle est finalement devenue présidente de l’association. En effet, Guillemette aime les interactions sociales, alors quoi de mieux que de participer à l’éclosion d’un projet de tiers lieu ?

“je ne sais pas vivre et travailler seule, j’avais besoin d’un projet collectif qui permette de m’insérer dans le tissu local”

Visite du tiers lieu Quartier Métisseur

Nous commençons la découverte des lieux par la maison de ville. Cet édifice est resté dans son jus, mais est plutôt coquet. On y trouve des bureaux, dont celui de la graphiste. Le grand atelier attenant accueille les artisans, dont un bijoutier contemporain. Ils peuvent exercer leur savoir-faire dans des locaux à prix modérés.

À l'intérieur de l'atelier du quartier métisseur
À l’intérieur de l’atelier

Au rez-de-chaussée se trouve la grande salle polyvalente. Elle sert aussi bien à exposer les œuvres de la factrice, qu’à organiser des concerts de punk rock enragé.

Salle polyvalente du Quartier Métisseur
Salle polyvalente du Quartier Métisseur

Nous sortons et traversons ensuite la petite cours où s’organise le marché de producteurs locaux du lundi soir. La brasserie, flambant neuve, clôture cet espace ouvert sur la ville.

Façade de la brasserie la Valdaz
Façade de la brasserie la Valdaz

À l’intérieur nous découvrons toute une installation de chimiste. Des cuves sont mises à disposition de Léa, la salariée brasseuse du site. Des alambics servent aussi à la fabrication de gin local dans la distillerie.

À l'intérieur de la brasserie la Valdaz
À l’intérieur de la brasserie la Valdaz

Nous sortons pour nous diriger vers les espaces à l’abri de la rue. Sur la gauche, le local de la conserverie, sur la droite un bâtiment encore en ruine qui devrait accueillir le futur café associatif.

Philippe montrant à Vincent le futur café associatif du Quartier Métisseur
Philippe montrant à Vincent le futur café associatif du Quartier Métisseur

Enfin, nous terminons notre déambulation par le joli jardin rempli d’arbres fruitiers. Le bruit de la rivière, au fond, invite au calme et à la méditation. On s’imagine parfaitement siroter une bière locale en plein été, avachi sur la pelouse.

Le jardin au bord de l’Azergues

Dernière discussion autour d’une bière

Les rénovations se font au fur et à mesure, aidées par des volontaires en chantier participatif. Le bail emphytéotique signé avec le couple de propriétaires permet d’ailleurs un aménagement sans réelles contraintes, si ce n’est l’argent. Philippe ouvre quelques bières, et puis nous sommes rejoints par une adhérente de passage au local. Elle nous explique le fonctionnement interne de l’association, sa gouvernance et sa vision.

“on a une grande ambition mais on est patient”

En effet, en milieu rural, il faut du temps pour convaincre. Il faut aussi de l’imagination pour faire venir les habitants dans un lieu atypique qui intrigue par son audace. Mais sans aucun doute, l’ancienne menuiserie réussira à coup sûr sa reconversion, poussée par une équipe soudée et créative. Alors la Valdaz, bière militante, fera vivre une culture engagée et accessible à la campagne.

Dégustation de bières du Quartier Métisseur
Dégustation de bières du Quartier Métisseur

Nous nous endormons au son de la rivière, avant de retrouver la circulation dense et le vacarme de l’agglomération lyonnaise.

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