Transition : tiers lieu ou écolieu, comment s’y préparer ?

Catégorie : Réflexion
"Marre de vivre la transition à travers un écran ? Découvre nos conseils pour te lancer !"
Rédigé par : Vincent
Temps de lecture : min

C’est parti, le projet road trip des tiers lieux est sur les roues ! Vous envisagez vous aussi de créer un tiers lieu, un écolieu, ou tout autre projet de transition ? Pas de panique, cet article vous accompagne dans le mécanisme du passage de l’idée au projet.

La transition, c’est quoi ?

La transition définit le passage d’un régime d’équilibre à un autre. Ce concept peut aussi bien s’appliquer à un individu qu’à la société dans son ensemble . Quelques exemples de transition :

  • Professionnelle : se former pour obtenir un emploi dans un nouveau secteur d’activité ;
  • Écologique : changer nos modèles économiques et nos modes de production et de consommation pour faire face au changement climatique ;
  • Démocratique : permettre aux citoyens d’intervenir dans la sphère politique sans l’intermédiaire de leurs représentants.

C’est un sujet tendance qui interpelle : la vidéo Effondrement, on y est ? de Partager c’est Sympa cumule 1,9 million de vues sur Facebook, le groupe Facebook Eco-villages, éco-hammeau, éco-quartier, éco-colocations compte près de 54 000 membres, le média indépendant M. Mondialisation presque 1 500 000 abonnés. Il y en a vraiment pour tous les goûts ! Même l’état dispose d’un ministère de la Transition écologique et solidaire…

C’est bien beau tout ça, mais concrètement, comment cette transition s’opère ?

Tiers lieux et écolieux, des projets de transition

Et bien, elle s’appuie sur des projets de transition ! Ces expériences sociales sont portées par des individus qui imaginent des projets répondant aux grands défis de notre civilisation. L’initiative peut prendre forme à différentes échelles : mondiale, nationale ou locale.

Voici 3 exemples de projets à l’échelle nationale :

  • Les centrales villageoises – concevoir ensemble la transition énergétique dans les territoires
  • La monnaie libre – coproduire la monnaie pour changer le monde
  • Le gouv – gouvernement à but non lucratif

Les tiers lieux et écolieux font parti des projets de transition locaux. L’association France Tiers Lieux recense 2500 tiers lieux et le réseau Colibris compte 1000 oasis et habitats participatifs. Il existe également des projets mixtes, c’est le cas des projets Magnyéthique et l’Oasis de Serendip que nous avons rencontrés lors du road trip.

Cécile, Clara et Vincent en visite à la Place des possibles dans le Royans

Bien souvent, il existe des freins à la réalisation de ces projets. Ceux qui nous intéressent dans le cadre de cet article concernent les transitionneurs. C’est le terme couramment admis pour définir les individus qui se lancent comme vous et moi dans un projet de transition. D’ailleurs je vous conseille la BD Tout va bien enfin, ça va aller aux éditions La relève et la Peste qui évoque les transitionneurs dans une fiction abordant le thème de l’effondrement.

Mais qui sont-ils vraiment ?

Existe-t-il un profil type de transitionneur ?

Le road trip des tiers lieux fut pensé comme un projet collectif dès le départ. N’importe qui pouvait rejoindre l’aventure en remplissant un questionnaire en ligne sur le site web du projet. Au total, 26 personnes nous ont contactés pour venir visiter un ou plusieurs des 15 tiers-lieux sélectionnés dans la région Rhônes-Alpes. En nous incluant dans le jeu de données, nous arrivons à un total de 28 personnes. L’avantage, c’est que nous pouvons analyser les réponses de façon anonyme afin d’établir quelques statistiques. Nous pouvons également utiliser les informations d’âge et de genre de nos 890 abonné(e)s Facebook.

Les tendances qui se dégagent de ces données sont :

  • Le transitionneur serait en fait une transitionneuse ! Cela se vérifie sur les deux jeux de données, 75 % des réponses au questionnaire et 69 % de nos abonné(e)s Facebook sont des femmes !
  • Son âge moyen se situe entre 25 et 44 ans, même si les plus de 40 ans sont majoritaires dans les réponses au questionnaire ;
  • Près de 80 % des réponses au questionnaire proviennent de personnes qui sont sans emploi, indépendant(e) ou retraité(e)). Pour se lancer dans la transition, il faut donc être maître de son temps !

Vous vous reconnaissez dans ce portrait type ? Alors sachez que vous n’êtes pas seul(e). Une étude YouGov de 2018 révèle que 8 français sur 10 souhaitent changer de vie, rien que ça ! Même si ces résultats ne sont pas exhaustifs, ils permettent de définir une tendance, la génération des 25-35 ans est la plus touchée par les questions de transition. Qu’est-ce qui nous pousse dans cette voie ? Les raisons peuvent être nombreuses, bullshit job, envie de s’épanouir, de construire un avenir qui nous correspond etc. Connaître ses raisons, c’est justement l’objet de la partie suivante.

Connaître ses intentions et motivations

N’importe quel projet, qu’il soit associatif ou d’entreprise, repose sur une idée de départ. Cette idée peut nous paraître géniale, mais est-ce qu’elle correspond à notre personnalité, à nos valeurs, à nos envies ? Si l’on veut faire mûrir l’idée et faire en sorte que le projet se concrétise, il est primordial de commencer par faire un travail sur soi-même, d’apprendre à se connaître. Vous savez, ce moment en entretien d’embauche où l’on vous demande de vous présenter ? Et bien ici, il n’est pas question de vendre le profil idéal pour avoir le poste. Imaginez plutôt que le recruteur c’est vous, et que le candidat c’est votre inconscient, sauf que vous allez jouer le rôle du candidat.

Penser, c’est : “ un discours que l’âme se tient tout au long à elle-même sur les objets qu’elle examine »

Platon

Alors, quelles sont les vraies intentions et motivations qui se cachent derrière cette envie de projet ? On vous l’accorde, cet exercice introspectif n’est pas le plus aisé. Il existe des outils pour s’aider comme des tests de personnalité en ligne, mais en général ils sont insuffisants. La clé, c’est de pouvoir prendre du temps pour soi. Cependant, le quotidien de la vie nous en offre peu. Alors que faire, tout plaquer ? Nous sommes passés par cette étape (Lire l’article  : Vanlife : faire tiers lieu dans son camion aménagé). Mais si vous êtes attachés à votre job, il y a toujours l’option de demander un congé sabbatique à votre employeur.

Dépasser ses peurs pour initier la transition

S’engager dans la transition, c’est aussi se confronter à quelques difficultés d’ordre familial, professionnel ou financier. La pression sociale entre également en jeu, et nous pouvons être soumis à des jugements qui affectent nos prises de décisions. Alors nous doutons, et c’est normal ! La peur de faire le mauvais choix peut avoir un effet inhibiteur. Mais ignorer nos intentions profondes, c’est risquer d’en subir les conséquences à long terme sur notre santé mentale et physique.

Il existe un terme qui traduit le contraste entre nos aspirations et la façon dont nous vivons au quotidien, c’est l’acrasie. Donnons en deux exemples. Le premier, à l’échelle de l’individu, est associé au culte de l’image. Qui ne s’est jamais inquiété pour sa ligne, sans pour autant réussir à manger plus sain ou à faire un peu de sport ? Le deuxième, à l’échelle de l’humanité, concerne la question climatique. Malgré le fait que des décideurs politiques soient au courant du phénomène depuis les années 60, l’innaction climatique persiste encore aujourd’hui. Globalement, nous sommes tous soumis à ce paradoxe qui génère un sentiment de culpabilité. Alors comment faire pour dépasser ce sentiment et prendre son avenir en main ?

“Il n’y a pas de problèmes ; il n’y a que des solutions. L’esprit de l’homme invente ensuite le problème. Il voit des problèmes partout”

André Gide

Se préparer à vivre la transition

Bien souvent, la transition s’enclenche naturellement lorsque l’on subit un choc. Cela peut être une maladie, la perte d’un proche, une séparation, un licenciement… Même si ce choc est un élément déclencheur, il peut parfois précipiter les choses et vous lancer dans l’aventure en n’étant ni suffisamment préparé, ni dans le bon état psychologique. Peut-être avez-vous attendu trop longtemps ? Si vous ressentez déjà les premiers signes du besoin de transition, c’est qu’il faut commencer à vous y préparer. Le maître-mot est l’anticipation.

Si possible, parlez-en à votre famille et à vos amis, ils peuvent vous apporter du soutien dans ce projet. N’hésitez pas aussi à intégrer des groupes ou suivre des pojets d’autres transitionneurs pour vous inspirer. On vous conseille le Permacooltour dont le collectif visite beaucoup d’écolieux. Ensuite, vous allez devoir mettre un peu d’argent de côté pour subvenir à vos besoins. Combien d’argent ? Tout dépend du temps que vous vous donnez et du mode de vie envisagé. De plus, pensez à allonger le budget si vous décidez comme nous de partir en van aménagé. Enfin, il faudra à un moment donné vous engagez sur la voie de la transition. L’expérimentation est une des meilleures façons de s’y confronter. Contactez des tiers lieux et écolieux, ils ont toujours besoins de bras pour des chantiers participatifs !

Conclusion

S’engager dans un projet de transition, c’est devenir acteur de sa vie. Vous allez certainement douter, repousser l’échéance plusieurs fois, mais évitez d’atteindre le point de rupture qui pourrait vous fragiliser. Voyagez, apprenez des autres, rencontrez du monde et expérimentez autant que possible. Il est nécessaire de prendre du recul afin de connaître ses véritables intentions et motivations pour construire le projet qui vous correspond. Et si vous souhaitez vivre cette aventure à plusieurs façon road trip, l’association Road trip des tiers lieux organisent des séjours de transition avec un réseau de partenaires prêt à vous accueillir !

En complément, voici le portrait de Clara qui nous a rejoint pendant le road trip :

« Curieuse et avide de découvrir les mille et une vies possibles, je suis sur les routes depuis décembre. Depuis 30 ans, je n’étais pas partie de ma ville de cœur, j’ai enfin sauté le pas et quelle richesse !!

Beaucoup de rencontres inspirantes et toujours dans un échange, que je croyais perdu ! Rassurez-vous cela existe encore : de l’humain, de la bienveillance et le champ des possibles s’ouvre pour créer ensemble une vie qui nous ressemble en accord avec nos valeurs. En rentrant à Montpellier, je suis tombée sur la page du road trip des tiers lieux …Un signe pour reprendre l’aventure, ce n’est pas fini apparemment la route m’appelle !! J’ai décidé de repartir avec Cécile et Vincent pour découvrir les Tiers lieux existants et peut-être partager nos idéaux en créant notre collectif. »

« Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, essayez la routine, elle est mortelle. »

P. COELHO

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